Article & Revue



Cat. Félicita, 2018 (fr)
texte / Anne Lou-Vicente
« De toute évidence, l’on pourrait dire de la peinture de Kai-Chun Chang qu’elle fait écran. Alors qu’elle semble figurer quelque chose que l’on croirait vide ou absent, elle fait en réalité palpiter l’œil et diffuse une lumière traversant autant l’espace que le temps dans leur épaisseur stratifiée. Quand fondent les images et les mots, air, couleur et lumière prennent le dessus, offrant, par un profond travail sur la surface et ce qu’elle contient, une picturalité abstraite qui persiste et fait advenir une matérialité qui occulte ou laisse transparaître, miroiter, (a)percevoir, dans une douce et vague vibration optique. Un exercice tout en nuances où s’interposent des surfaces de séparation à travers lesquelles filtre un regard tantôt absorbé, tantôt absent. « Mon miroir, ta fenêtre ». Je est-il un autre ? Bercée par un va-et-vient constant entre intérieur et extérieur, surface et profondeur, proche et lointain, opacité et transparence, la (con)fusion apparaît, et avec elle, une certaine métaphysique « picturaliste » dans ou au bord de laquelle se tiennent l’œil et l’esprit. »